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IBM France : Première entreprise de France
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La CFE-CGC se propose aujourd'hui de décrypter pour vous les grandes tendances des réorganisations au sein du paysage industriel et de services hexagonal sur les quinze dernières années.
Un paradigme de transformation pluriel
Il convient de souligner que la lecture brute des chiffres est devenue complexe. Si le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) demeure l’outil de référence, surtout chez IBM, de nouveaux dispositifs tels que la Rupture Conventionnelle Collective (RCC) ou la Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences (GPEC) sont désormais privilégiés par les directions comme on a pu le voir dernièrement. Bien que techniquement distincts, ces outils concourent à un objectif de transformation structurelle des effectifs.
Panorama des restructurations : Un état des lieux sectoriel
L’analyse de la récurrence des plans sociaux depuis 2010 permet d'identifier les secteurs et les entreprises ayant le plus massivement eu recours à ces ajustements. Classement en nombre de PSE sur les 15 dernières années, première IBM FRANCE. Quand on vous dit que vos élus CFE-CGC sont devenus des experts des PSE.
1. IBM France : Une adaptation continue
Notre entreprise se distingue par une stratégie de réajustements réguliers. En quinze ans, IBM France a connu une transformation profonde de son modèle, passant de plus de 10 000 collaborateurs à environ 3 000-3500. Cette réduction, opérée par vagues successives (notamment en 2021, 2023, 2024, 2025, 2026), témoigne d'un modèle de gestion agile, bien que particulièrement exigeant pour les équipes en place.
2. Le secteur bancaire et la Société Générale
Sous l'impulsion de la digitalisation et des fusions de réseaux (notamment avec le Crédit du Nord), le secteur bancaire a initié des plans de départs volontaires d'envergure. La Société Générale a ainsi procédé à des coupes régulières, illustrant la mutation profonde des métiers de la banque de détail.
3. Orange : Une gestion de l'atterrissage démographique
Habituée des dispositifs de "temps partiel sénior", l'entreprise Orange a su piloter une baisse constante de ses effectifs à travers des plans stratégiques comme Lead the Future, privilégiant souvent les départs non remplacés pour adapter sa structure aux nouveaux enjeux des télécoms.
4. La Grande Distribution : L'accélération récente
C'est le secteur qui a connu les turbulences les plus brutales ces dernières années. Des groupes historiques comme Carrefour, Casino ou Auchan ont dû faire face à une remise en question de leur modèle économique, entraînant des suppressions de postes se comptant par milliers au sein des sièges et des réseaux de vente.
5. L'Automobile : L'efficience au cœur des accords
Chez Renault ou Stellantis, les PSE ont souvent laissé place à des "accords de compétitivité", visant à adapter l'outil industriel français aux exigences de la transition vers l'électrique.
Synthèse comparative (2010 - 2026)
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Entreprise |
Type de récurrence |
Estimation cumulée |
|---|---|---|
|
IBM France |
Systématique (quasi annuel) |
> 7 000 postes |
|
Société Générale |
Structurelle (fusions) |
> 10 000 postes |
|
Air France |
Conjoncturelle (crises aériennes) |
> 12 000 postes |
|
Carrefour |
Transformation du modèle |
> 5 000 postes |
|
Sanofi |
Réorganisation R&D |
> 4 000 postes |
Une large partie des salariés considère le prochain Plan de Sauvegarde de l'Emploi (PSE) comme une opportunité de départ privilégiée. Tant que ces mesures reposent sur le volontariat, nous ne nous y opposerons pas. Néanmoins, ce constat révèle un malaise profond et fragilise la situation des salariés qui restent, envers lesquels nous maintenons une vigilance accrue.
Votre carrière est un actif précieux ; nous sommes là pour le protéger et le faire fructifier.

Idées reçues #2 - Syndicaliste, c'est être contre la Direction
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Performance et évaluation chez IBM : Vos droits, les faits et l'accompagnement de la CFE-CGC
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L'excellence de notre entreprise repose avant tout sur l'expertise, l'engagement et la capacité d'innovation de ses salariés. Chez IBM, nous évoluons dans un environnement intellectuellement exigeant, où la collaboration et le partage des connaissances sont les véritables moteurs de notre réussite collective. C'est pourquoi la question de l'évaluation de la performance est au cœur de nos préoccupations à la CFE-CGC IBM France.
Récemment, de nouvelles directives mondiales concernant le dispositif d'évaluation de la performance ont été publiées sur l'intranet (accessibles via la page Performance, Development & Culture). Ce nouveau paradigme introduit une répartition par quotas, communément appelée forced distribution ou stack ranking, imposant la structure suivante : 15 % de Top Performers, 70 % de Core/Successful Performers et 15 % de Low Performers.
La position claire de la CFE-CGC IBM France : Une protection pour les salariés français
Si ces quotas sont une directive de la Corp. au niveau mondial, nous tenons à vous apporter une information essentielle et rassurante : la Direction d'IBM France a affirmé à plusieurs reprises lors des réunions du CSEC que ces quotas (15/70/15) ne sont pas légalement applicables pour les salariés français.
Sur la page précédemment citée, il est également indiqué
*Note: The following countries will follow a regional/local process for performance evaluations: Austria, Belgium, France, Luxembourg, Spain, Germany and Netherlands.
La loi française protège les salariés contre les systèmes d'évaluation prédéterminés qui ne reposeraient pas sur les mérites réels et individuels. La CFE-CGC IBM France veille et continuera de veiller scrupuleusement au respect de ce principe fondamental. Votre évaluation doit refléter votre travail, et non un algorithme de répartition statistique.
Cependant, la CFE-CGC est bien consciente de la réalité du terrain. Sous la pression des directives mondiales, certains managers pourraient être amenés à appliquer ces quotas illégaux, en contradiction flagrante avec la législation française mais aussi avec nos propres règles de conduite dans les affaires (Business Conduct Guidelines). Si vous pensez faire les frais d'une telle pratique, sachez que les élus CFE-CGC sont outillés pour vous aider et intervenir afin de rétablir une évaluation équitable.
Les limites démontrées du classement forcé
Au-delà de l'aspect purement légal, il est instructif de constater que la littérature scientifique et l'expérience des grands acteurs de la technologie démontrent les effets contre-productifs de l'imposition de quotas de sous-performance, en particulier pour les travailleurs du savoir tels que nos ingénieurs, chercheurs et consultants.
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Une entrave à la collaboration : Une étude de 2021 (Forced distribution rating systems and team collaboration par Loberg, Nüesch, Foege) démontre que ce système diminue drastiquement le partage d'informations. Il pousse paradoxalement les employés à percevoir le travail en équipe comme un risque, réduisant ainsi la communication interne.
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La fuite des talents : Une recherche de l'Université Cornell menée dans l'industrie pharmaceutique révèle que les employés hautement performants, privés de la note maximale en raison de quotas restrictifs, sont 34 % plus susceptibles de quitter l'entreprise. Le système tend ainsi à démotiver les talents mêmes qu'il devrait retenir.
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Un sentiment d'iniquité : Les travaux publiés dans le Journal of Applied Psychology (Schleicher, Bull, Green) soulignent que ces systèmes sont perçus comme fondamentalement injustes, générant une baisse d'engagement et de loyauté envers l'organisation.
Les leçons de l'industrie technologique
Les pionniers de notre secteur ont d'ailleurs déjà tiré les conclusions de ces études, comme le relate régulièrement la Harvard Business Review (HBR) :
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Microsoft a abandonné le stack ranking fin 2013, un système alors accusé d'encourager la compétition interne au détriment de la création de logiciels innovants.
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Adobe a remplacé dès 2012 les évaluations annuelles par des Check-ins fréquents, constatant par la suite une baisse drastique de la rotation de son personnel.
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Deloitte a supprimé son ancien système de notation chronophage, qui consommait près de 2 millions d'heures de travail par an sans favoriser la haute performance.
La CFE-CGC IBM France : Le partenaire de votre réussite professionnelle
Forts de ces constats, nous sommes convaincus qu'une entreprise technologique de pointe comme la nôtre doit s'appuyer sur une évaluation juste, motivante et centrée sur le développement continu. Nous sommes une entreprise innovante, ne soyons pas rétrograde.




